Dimanche 12 novembre 2006 7 12 /11 /Nov /2006 23:41
Par Diva et Wizard - Publié dans : histoires de diva et wizard
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Mardi 5 septembre 2006 2 05 /09 /Sep /2006 02:36

Bonnes gens, veuillez porter vos binocles à vos mirettes que je vous conte une histoire fleurant bon la naphtaline et le papier jauni.

 

Paulette, la vingtaine jolie, était une charmante institutrice suppléante vacant au gré de ses nominations en Gironde. Elle était originaire d'une petite bourgade où mêmes les poules ne peuvent commettre d'adultère sans que le curé n'en ait vent. Son cousin, le pharmacien du coin, connaissant le célibat de Paulette ainsi que toute la population locale qui défilait dans sa boutique, décida d'ouvrir une agence matrimoniale en succursale afin de donner un coup de pouce à la vie sentimentale de Paulette. M. Bonom, l'un de ses clients préférés, malheureusement marié, connaissait par chance quelqu'un qui ne l'était pas, et, qui était, "Oh! Comme ça tombe bien!", instituteur. Paulette, dans les semaines qui suivirent, semblait entendre dans toutes conversations, avec une fréquence toujours accrue, des "Ah, il vient du même endroit que ce charmant Jean, tu sais, le jeune instituteur!", et des "Oh! La mignonne petite voiture! Jean, tu sais, le jeune instituteur, a la même.". Mais Paulette n'était pas du genre à se laisser dicter sa conduite. Si elle avait été un âne avec un maître assez bête pour lui présenter une carotte sous les naseaux afin de la faire avancer, elle aurait fait tomber celui-ci, l'aurait allégrement piétiné, et aurait fini par manger le légume.

 

Mais son cousin était coriace, et au cours d'une soirée qu'il organisait, désigna Jean comme cavalier de Paulette, et les plaça côtes à côtes au cours du repas. Pauvre Jean. Paulette s'étant levée aux aurores, forcée de passer toute la soirée avec le "chaudement recommandé", était d'humeur massacrante. Alors qu'ils dansaient ensemble, après le dixième bâillement ostensible de Paulette, Jean finit par dire:

"Peut-être feriez-vous mieux d'aller vous coucher, vous semblez bien fatiguée."

De retour chez elle, sa mère lui demanda:

"- Alors, comment ça s'est passé?

- Pfff… On m'a collé un petit instituteur suppléant comme cavalier."

 

Sur cette brillante réussite, le cousin décida que, finalement, pharmacien était un très beau métier, et ferma sa succursale morte née.

 

Quelques mois plus tard, alors que Paulette était encore en suppléance, elle croisa ce cher Jean dans le bus. Ne voulant pas manquer pareille occasion, Jean proposa un rendez-vous à Paulette, qui n'osa pas lui opposer un refus grossier, et préféra lui poser un lapin très courtoisement le jour prévu.

 

Dans certains cas, le sort s'acharne, et c'était une de ces fois. Alors que Jean était en service militaire ("Ah, c'était le bon temps, de vrais hommes et pas des chiffes molles ayant peur de se mettre de la boue sur leur chemise Gucci"), Paulette assista à la seule et unique réunion syndicale qu'elle fit dans son entière vie. Et bien sûr, M. Bonom s'y trouvait. Bien éduquée, Paulette demanda des nouvelles de Jean, protégé de M. Bonom. Et celui-ci ne manqua pas de le spécifier dans la lettre qu'il envoya à Jean, avec en prime et si subtilement glissées entre les lignes, les coordonnées complètes de Paulette.

Ainsi, lorsque Paulette rentra d'une suppléance dans sa petite bourgade, elle trouva sur le buffet une lettre lui étant adressée, d'une écriture inconnue. Et là, miracle, elle tomba sous le charme des arabesques et volutes que formaient ces lettres. Une longue correspondance s'établit, Paulette répondant sur du joli papier, dont la couleur variait selon son humeur. Les compagnons de chambrée de Jean savaient donc toujours quand Paulette écrivait, et quelques coups d'œil jetés par-dessus l'épaule de Jean réussirent à le ridiculiser pendant tout le restant de son service. Qui a dit que les militaires étaient insensibles au charme de la prose? Ceux-ci semblèrent particulièrement apprécier la formule "du bleu profond de l'océan".

 

Au bout du troisième rendez-vous, Jean demanda Paulette en mariage. Et subit une rebuffade. Mais comme l'acharnement porte parfois ses fruits, il n'abandonna pas, et obtint sa main quelques temps après.

 

Ils vivent encore heureux, et ont déjà eu trois magnifiques et intelligents petits enfants. Eh oui, maintenant, je sais pourquoi mes aventures avec la gent masculine sont assez étranges: c'est congénital.

Par Diva et Wizard - Publié dans : histoires de diva et wizard
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Mardi 15 août 2006 2 15 /08 /Août /2006 21:59

Jeudi soir, c'était le concert d'un ancien de l'école de musique, devenu super star du jazz, et revenant "même pas se la péter parce que c'est même pas son genre tellement il est trop super cool" dans sa petite ville natale pour l'occasion (de faire bronzette, parce qu'on est quand même vachement plus cool quand on est bronzé). Par curiosité plus qu'autre chose, je décidai d'y aller, tout en sachant que là bas, je verrai des têtes connues. Arrivée en retard, à l'entracte, je me faufile discrètement vers le groupe où se trouve The mec super jazzy cool, non pas que je veuille me la péter en lui tapant sur l'épaule et lui sortant "Hey! Salut vieille branche!", mais mon ancien copupitre discute avec lui. Celui qui, malgré ses vantardises et sa grande gueule, n'hésitait pas à se dénoncer pour mes fausses notes, afin que j'évite de me prendre une engueulade par le chef alors que je n'avais encore que 12 ans.

Copupitre: "Tiens tiens, une petite Wizardounette!"

Super jazzy cool: "Hey! Salut Wizardounette! 'Me tape sur l'épaule' Ca fait super plaisir de te revoir! Qu'est ce que tu deviens?"

Vite vite, trouver un truc intéressant me concernant, ne pas lui sortir le banal "je suis étudiante, encore et toujours", un truc artistique… Exterminatrice de fourmis? Non non, quelque chose de plus glamour… Mais heureusement, je suis sauvée par un ex qui aura finalement servi à quelque chose:

Ex: "Salut Wizardounette!"

Moi, très contente d'embrayer sur un autre sujet: "Salut! Dis donc, j'ai pas vu Ermite, comment ça se fait qu'il ne soit pas là?"

Ex, tirant la gueule: "Son père est mort hier."

Moi, pas très contente finalement: "Ah"

 

Mais comment faire dans ces situations? J'aimerais un mode d'emploi. En parler, demander des précisions pour paraître intéressée? Mais est ce que ce n'est pas trop déplacé? Comment savoir si l'interlocuteur ne va pas être choqué, gêné, ou offusqué? Quand faut il s'arrêter?

Bon, ben je préfère me taire. Et donc ça me trotte dans la tête pendant tout le concert. Dois-je envoyer un mot à Ermite: "Mes sincères condoléances." J'ai toujours trouvé cette tradition du petit carton blanc marqué indélébilement à l'encre noire étrange. Comme si cette sobriété était un hommage et un signe de reconnaissance de la douleur de la famille, le seul moyen de ne pas agrandir la plaie, de montrer qu'on est présent. Une solution de facilité aussi. Rendre visite pourrait déranger, et surtout pourrait gâcher toute une après midi; parce que les gens tristes, ce n'est pas particulièrement drôle. Ce n'est pas comme si c'était une visite à l'heure de l'apéro. Non non non, là, si on mange des petits gâteaux apéro, ça risque d'être les restes de la cérémonie de commémoration. Quelle attitude lâche.

 

C'est décidé, j'écrirai à l'encre bleue.

Par Diva et Wizard - Publié dans : La Canardette menottée, par les éditions Wizard
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Mardi 1 août 2006 2 01 /08 /Août /2006 21:15



Toute une époque qui se termine. J'en verserais presque une larme de bonheur…


Tout ceci commença en quatrième, avec la seconde langue obligatoire. Ayant "choisi" ("Ton frère a fait Allemand première langue, et il s'en trouve très bien, donc toi, ce sera pareil.") le langage, aussi doux qu'un bonbon au piment rouge mêlé à de petits grains de poivre, qu'est l'Allemand en sixième, je me voyais contrainte d'apprendre la langue de Chatqueuespire en quatrième.


Ne sachant pas que toutes ces années d'anglais allaient être une torture de longue haleine, j'étais très pressée d'assister à mon premier cours. Il faut dire que, à l'époque, mon seul contact avec la culture anglaise et américaine était le groupe Hanson dont j'étais fan… Bon, d'accord, on a tous fait des erreurs de jeunesse. Et puis, "MMMbop", ça groovait un max quand même!


Ma toute première heure d'anglais fut passée à répéter "coemmfôôrtêâbeuleuh" (= "comfortable"). Moi qui voulais savoir comment dire "coupe aux carré", "est ce que je peux être votre petite sœur?", j'étais dépitée. Je le fus d'autant plus à la remise du premier contrôle, quand la prof s'approcha de moi, étouffant son rire:
"Remarque pour toute la classe. Ne faîtes pas comme Melle Wizardounette qui a très bien compris l'emploi de la majuscule en français. Même en milieu de phrase, le "I", pronom de la première personne du singulier a toujours une majuscule."

Et en effet, tout au long de ma copie, mes "i" étaient joyeusement raturés.

Peuple barbare et mégalo.

 

En première, notre classe d'anglais regroupait toutes les sections. La prof d'anglais en chemisier saumon transparent à pois nous considérait comme un ramassis hétéroclite de bons à rien, et sa voix de crécelle suraiguë nous le rappelait sans cesse. Elle pensait pourtant pouvoir sauver les littéraires de la fange dans laquelle nous, les scientifiques, nous nous noyions.


Etant à côté de Vison Buté, une littéraire avec qui, je l'avoue, nous passions plus de temps à nous moquer de la tenue vestimentaire douteuse de la prof qu'à nous intéresser aux propos entrecoupés de cris de souris et de punitions, je devins rapidement l'ennemi public numéro 1. Et la prof signala très rapidement à Vison Buté qu'elle ferait mieux de rejoindre ses collègues littéraires plutôt que de rester avec une fille d'aussi mauvaise influence. I was a bad girl. Vison Buté étant, comme son nom l'indique, un peu butée, elle ne tint pas compte des avertissements de notre tortionnaire. Mais notre moyenne d'anglais ayant chuté d'approximativement 7 points en deux mois, on décida toutefois de se séparer.

Ma tête cessa d'être mise à prix, et je retrouvai mon statut de pauvre être scientifique décadent de bas étage.


Un jour, la prof décida de nous passer un film, "The Boxer". Nous étions tous heureux d'échapper pendant quelques heures à l'horrible voix de la prof. Mais ce que nous n'avions pas prévu, c'est que, étant donné que les littéraires avaient une heure d'anglais de plus que nous chaque semaine, ils eurent droit à la fin du film, alors que nous n'avions regardé que la première heure… Evidemment, il est un peu dur de résumer un film et d'en donner la vision de l'auteur en contrôle lorsque l'on n'en a pas vu la deuxième moitié. Et le résultat du contrôle fut pour la prof la preuve que les scientifiques étaient irrécupérables, mais que les littéraires, grâce à sa bonté et à son sens du devoir, avaient été préservés de notre triste sort.

 

Ma terminale fut ma plus agréable année d'anglais, et me permit de redécouvrir quelques grands films, comme "American History X", où la Mamie qui nous servait de prof se cachait les yeux dans les scènes violentes, en nous priant de faire pareil. Evidemment, au bac, j'ai bien essayé de me cacher les yeux face à l'énoncé, mais sans grand succès.

 

Après deux années de prépa passées à être tyrannisée par une prof d'allemand qui nous disait très clairement qu'on était nul, mais toujours avec le sourire, je découvris que l'anglais était obligatoire en école d'ingénieur. Et il y avait un test, sorte de QCM pour nous classer en 8 groupes (le 1 étant le meilleur), et déterminer qui seraient les chanceux des groupes 7 et 8 qui auraient droit à 2h de soutien supplémentaires. Pendant le test, je me plaçai judicieusement aux côtés de quelqu'un qui me semblait sérieux, et je jetai quelques coups d'oeils, admirative devant les beaux cercles entourant ses réponses. Devant le panneau de résultats, je m'aperçus que j'étais dans le groupe hate, celui ayant droit à deux heures en rab' de pur bonheur. Au premier cours, je me retrouvai assise à la droite de celui faisant de si jolis ronds au test… Et il me dit:

"Ah, ben toi aussi tu te retrouves ici? Tu sais que j'avais tout misé sur toi et tes réponses au test?"

 

Au début de ma deuxième année d'école, j'eus droit à une promotion: je passai du groupe 8 au 7. Quelle fulgurante progression! Ma prof était un croisement entre une harpie et une sorcière anorexique, s'habillant en haillons de haute couture. Je m'aperçus bien vite que je faisais partie des gens qu'elle n'appréciait pas, cette partie correspondant à toute la classe exceptée une personne: Lècheculdeservice. Lors d'un test blanc, QCM encore, la prof demanda les résultats:

Ton sec: "Melle Wizardounette, combien de fautes?"

Regard fier, sourire épanoui: "Aucune!"

Yeux écarquillés, voix inquiète: "Mais vous avez bien compté? Vous avez eu de la chance alors!"

Dans ma barbe: "Screugneugneu… M'en vais faire un QCM au compas autour de ses yeux moi…"

La tyranne, passant à Lècheculdeservice: "Et vous mon petit, combien de fautes?"

Petit chiot répondant à sa maîtresse en s'aplatissant sur le sol tout en jappant: "Une seule Madame."

Surprise de la sosie de Cruella: "Comment? Mais vous n'êtes pas malade au moins?"

Comment se fait-ce que "certains" (mépris dans la voix) aient eu tout juste alors que vous ayez commis une erreur?"

L'espèce de cabot à langue pendante: "Je ne sais vraiment pas Madame."

 

Mais tout ceci est terminé, mon dernier cours d'anglais est maintenant derrière moi. Bon, bien sûr, l'an prochain, je vais en Ecosse, mais ce sera pas pareil, hein? HEIN?


Par Diva et Wizard - Publié dans : La Canardette menottée, par les éditions Wizard
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Dimanche 30 juillet 2006 7 30 /07 /Juil /2006 15:51


Pire qu'un coup de matraque sur le crâne, je me suis reçue hier mes 22 ans en pleine face. 'Ouch'.

 

Un an s'était écoulé depuis ma dernière participation à la banda, sorte de rassemblement plus ou moins musical faisant du bruit à l'aide d'instruments à vent. Hier, n'ayant rien de mieux à faire, je décidai d'accompagner ma sœur Kassesucette ainsi que Grandmorpion aux fêtes d'une ville voisine où l'on devait jouer comme chaque année. Arrivée sur le lieu de rendez-vous, je constatai avec stupeur que je ne connaissais personne. Du tout du tout. D'habitude, je suis ravie à l'idée de faire de nouvelles rencontres, mais là, le plus âgé devait avoir l'âge de ma sœur, à tout casser. Que faire dans pareille situation inconnue? Essayer de paraître naturelle, jouer à la vieille conne qui connaît tout à tout, ou sembler être à l'aise, blaguant avec ces ptits jeunots? Les rares "anciens" (comprendre les gens approximativement de mon âge) sont arrivés un peu plus tard, me sauvant de ma gêne, et m'évitant le ridicule.

Ajouter à cela le fait que la veille au soir, lors de la soirée Cocktails qui fut d'ailleurs très agréable, j'étais la seule, l'unique célibataire.

Alors si aujourd'hui je me sens comme une vieille chaussette, usée et démodée, esseulée parce que mon créateur a décidé à cause d'une flemme monumentale de ne faire qu'un pied droit et pas de pied gauche, ne voyez pas d'inconvénients à ce que je recherche une (ou des) charmante(s) petite(s) socquette(s), parfaite(s) pour une soirée.

Moi? J'essaierais de me chercher des excuses? Nan…

Par Diva et Wizard - Publié dans : La Canardette menottée, par les éditions Wizard
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